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FICHE PRATIQUE · BILAN DE PRÉVENTION

Prévention de la perte d'autonomie — fragilité, repérage et aides

Le chapitre du kit : les 6 capacités fonctionnelles, les outils de repérage de la fragilité, et les dispositifs d'aide (APA, plan OSCAR).

Ressource documentée
Dans cette fiche · 6 rubriques

Ce que dit le kit

3,1 millions de personnes de moins de 60 ans vivant à domicile déclarent au moins une limitation fonctionnelle sévère — physique (marcher 500 m, monter un escalier), sensorielle ou cognitive. Le nombre de personnes âgées dépendantes passerait de 1,2 million en 2012 à 2,3 millions d'ici 2060.

La prévalence de la fragilité est estimée entre 10 et 13 % chez les plus de 55 ans. Elle croît de façon exponentielle avec l'âge, est plus fréquente chez les femmes et marquée par d'importantes inégalités sociales.

La fiche thématique 70-75 de la formation officielle rappelle l'ordre de grandeur qui remet le sujet à sa place : après 75 ans, neuf personnes sur dix vivent à domicile et huit sur dix restent autonomes. Le repérage ne consiste pas à présumer la dépendance, mais à saisir tôt ce qui bascule — troubles cognitifs, accident, malnutrition, inactivité.

Les 6 capacités à repérer

Audition · vision · dénutrition · troubles cognitifs · mobilité et risque de chute · santé mentale.

Le kit ajoute : « Il convient aussi de repérer les situations d'isolement social, facteur important de la perte d'autonomie. »

L'âgisme, le biais qu'il faut connaître avant d'entrer dans la pièce

Le gériatre de la formation officielle commence par là, et c'est justifié. En France, l'espérance de vie à la naissance était estimée à 85,3 ans pour les femmes et 79,2 ans pour les hommes ; l'espérance de vie en bonne santé — sans limitation irréversible d'activité — à 65,3 et 63,9 ans. L'écart, une vingtaine d'années, est précisément le terrain du bilan de prévention.

Mais ces moyennes cachent une hétérogénéité énorme : « le groupe social des personnes âgées relève essentiellement d'une construction sociale ». L'âge moyen des Français est de 40,5 ans — la plupart des gens l'estiment bien plus haut, signe d'une surreprésentation des seniors dans l'imaginaire commun, associée à des stéréotypes négatifs : maladie, handicap, fin de vie. C'est l'âgisme.

Conséquence pratique : ne pas décider à la place de la personne ce qu'elle peut encore faire. Un objectif de reprise d'activité, un projet, une vie affective et sexuelle — rien de tout cela ne devient hors sujet à 72 ans.

Deux sujets que la fiche officielle 70-75 demande d'aborder

La fin de vie. « Parler de la mort, anticiper ses choix » figure noir sur blanc parmi les thématiques à aborder à 70-75 ans. C'est le sujet que tout le monde contourne, et le bilan est justement le moment où il peut se poser à froid, hors de toute urgence : personne de confiance, directives anticipées, souhaits en matière de lieu de vie. Ne pas l'imposer — l'ouvrir, et laisser la personne décider si elle s'en saisit.

Les prothèses dentaires. La fiche demande d'adapter les soins aux porteurs de prothèses et d'en contrôler l'hygiène et la tenue. Une prothèse mal adaptée fait manger moins et moins varié : c'est une cause directe de dénutrition, et donc de perte d'autonomie. Le zoom « Séniors et santé bucco-dentaire » de la plateforme officielle (fiche UFSBD) précise la conduite :

  • Une visite annuelle chez le chirurgien-dentiste, même avec des prothèses complètes — l'idée qu'on n'a plus besoin du dentiste quand on n'a plus ses dents est fausse.
  • Brosses à prothèses spécifiques ; crème fixative, qui stabilise la prothèse et sert d'interface protectrice pour les muqueuses.
  • Prothèses neuves : commencer par une alimentation molle puis revenir progressivement à une alimentation variée ; antalgiques, anesthésiants ou cicatrisants locaux pour les petites blessures.
  • Sécheresse buccale — très fréquente chez le sénior et souvent liée à la polymédication. Conseiller de boire de petites quantités d'eau régulièrement, des chewing-gums sans sucre, un spray hydratant ou de la salive artificielle.
  • Brosse à dents électrique si la motricité est altérée (arthrose, handicap moteur) — le point où le kinésithérapeute voit avant tout le monde que le geste ne passe plus. Brossettes interdentaires, dentifrice et bain de bouche fluorés.
  • Selon l'âge et l'autonomie, associer une personne référente de l'entourage pour vérifier les rythmes d'hygiène et le suivi.

Les outils cités par le kit

  • ICOPE (OMS) — celui que retiennent les fiches de repérage 60-65 et 70-75.
  • GFST (Gérontopôle Frailty Screening Tool) — dès 65 ans, chez la personne autonome (ADL 5/6), à distance de toute pathologie aiguë.
  • FRAGIRE — score de fragilité à domicile, GIR 5 et 6.
  • SEGA — identification rapide du profil gériatrique aux urgences.

Agir : interventions et dispositifs d'aide

Le kit rappelle qu'il faut agir dès la mi-vie sur les déterminants (tabac, alcool, activité physique, contrôle de l'HTA ou du diabète) pour prévenir la perte d'autonomie.

Interventions : activité physique adaptée · accès à une alimentation de qualité · activités socioculturelles · adaptation du logement · aides techniques contre les chutes.

APA — dès 60 ans, à domicile ou en établissement. L'autonomie est évaluée par le conseil départemental selon la grille AGGIR, de GIR 1 (le plus dépendant) à GIR 6 : seuls les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l'APA.

Plan « OSCAR » — un forfait prévention pris en charge à 100 % par l'Assurance retraite (cartographie sur pourbienvieillir.fr) et un forfait de coordination des acteurs autour de la personne. Demande auprès de la caisse régionale ou en ligne.

LES RÉFÉRENCES DE CETTE RESSOURCE

Sources et documents de référence

UFSBD — « Zoom sur : séniors et santé bucco-dentaire », fiche pratique pour les professionnels de santé

Mars 2018, diffusée sur la plateforme officielle Mon Bilan Prévention. Fiche réalisée par les chirurgiens-dentistes de l'UFSBD avec le soutien des Laboratoires Pierre Fabre Oral Care

Révision documentaire et logicielle : 28 septembre 2026. Les limites et la version sont précisées pour chaque ressource. Cette révision ne constitue pas une validation clinique indépendante de l’instrument numérique.

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